"Certes je suis déçu, mais je me suis engagé quand il était à 6%. Mon espoir me disait qu'il serait élu, mais ma conscience me disait qu'il serait troisième", a confié à l'Associated Press Yannick Boulanger, un étudiant en histoire âgé de 20 ans, un badge orange "Bayrou président" accroché au T-shirt. (Dans le Nouvel Obs ce soir, à propos d'un supporter).
Ben je dis exactement la même chose, au mot près. Maintenant 5 ans de boulot ! Déçu donc (quand même) mais lucide. A moins de 20%, la "tendance" est indéniablement là. Cependant, avec 6 points de moins que Ségo, elle n'a/urait pas permis d'être au second tour. Pas cette fois. Cratyle dit que les sondeurs sont responsables d'un vote "utile" inutile - car Le Pen n'a jamais été une menace. Je suis d'accord, mais 6 points ? FrLN regrette que les gens aient redonné leur confiance à un ordre bipolaire, moi aussi. Et que par là même ils donnent l'impression de croire aux belles promesses. Sans doute, un peu. C'est frustrant, assurément.
La vague n'était pas encore assez forte (cette fois...)
Mais "donnons du temps au temps"; ou "Rome ne s'est pas faite en un jour". Bayrou engage un processus fort, qui aurait pu être plus court à la faveur d'une vague orange - mais qui prendra son temps, finalement. Une législature, sans doute. Voyons déjà sur les plateaux de télé comment "Sarko & Ségo et Cie" s'étripent, sans trop savoir s'il faut continuer d'insulter Bayrou (comme Simone Veil...) ou tenter de récupérer ses électeurs de toutes les manières... Les mêmes et on recommence. Les gens vont bien finir par voir les choses comme elles sont ; le vainqueur et le perdant se dévoileront quand ils seront dans leurs roles. Et c'est pourquoi Bayrou va nous proposer un travail de construction, à partir de ce centre qui existe enfin et d'un nouveau parti dont il a parlé. (Et puis si Ségo/Sarko fait des choses bien en cours de route, on applaudira.)