Comme l'écrit Jean de Kervasdoué, "pour les Occidentaux, l'importance d'un risque est liée à sa médiatisation, et celle ci est sans rapport avec la gravité de la catastrophe." Aux informations radiophoniques de 10 heures ce matin à Paris, on nous parle de football, puis de "désespoir" à Toulouse parce que l'équipe locale a perdu un tournoi de rugby, puis d'un match de tennis à Roland Garros. Contraste.
Dans le Int'l Herald Tribune un article poignant : Edward Wong, grand reporter, fait bien son travail, et raconte. Ce qu'il a vu à Beichuan, ce qu'il a ressenti, ce que les gens disent. Le désarroi, les décisions inimaginables. Les corps qui s'entassent. Les choses insignifiantes. Il explique comment ce qui s'est passé en Chine est bien pire que ce qu'il a vu en Iraq. Il parle aussi d'un chiot avec un ruban rouge qui a perdu son maitre, et qu'il a emmené hors de la vallée. Lire plus bas.
Lire la suite "Beichuan : la "mort silencieuse des inutiles"" »
Dans le Financial Times, Jamie Whyte explique pourquoi la rupture (la vraie) vaut toujours mieux que qu'une lente réforme :
Aspiring liberalisers cannot afford to be incrementalists. Taking the slow road to your destination merely gives vested interests more opportunities to resist and increases the chance that, like Mr Blair, you will be replaced at the wheel by someone who knows exactly where to find the reverse gear. Worse, incrementalism is itself a commitment to the managerialism that liberalisers supposedly oppose. For who will administer all the micro-initiatives that lie on the long and winding road to the reform destination? Bureaucrats, of course. Mr Blair’s itsy-bitsy reform agenda has increased the number of government administrators by about half a million.
Depuis longtemps je me posais la question à laquelle Serge Faubert répond ce matin brillamment :
La violence et la bêtise sont consubstantielles de ce jeu. Les premiers hooligans sont apparus au début du XXème siècle. Et depuis le phénomène n’a pas désemparé. On peut s’obstiner à le nier. Invoquer l’alcool. Convoquer la sociologie des frustrations sociales et de la misère ouvrière à la recherche d’un exutoire. Il n’empêche. L’exemple du rugby est là pour souligner combien le vice est d’abord dans le jeu.
L’ovale n’est pas moins populaire que le foot - même s’il est davantage terroir que cités industrielles. Sport de contact, il est plus brutal. Et pourtant, jamais on n’a assisté dans les tribunes ou devant les stades à de pareils déferlements de violence et de haine. Pourquoi ? Parce que le rugby est un sport d’équipe alors que le foot n’est qu’un rassemblement d’individualités qui se partagent un territoire. Une cohabitation. Au pays de l’ovale, tout s’organise autour du porteur du ballon. On l’accompagne, on le soutient. L’exploit résulte toujours d’une construction et d’un mouvement collectif. Au rugby, chacun a sa place. Petits, grands, gros, maigres, la diversité est la clé de la réussite. D ’abord l’équipe, ensuite les joueurs.
Au foot, on marque l’adversaire. Individu contre individu. Chacun pour soi. La loi de la jungle. C’est mon coin de pelouse, j’y étais le premier. Aucune transcendance collective. Les autres ne sont que des faire-valoirs, tout juste bons à faire la passe qui permettra de briller. Cette différence ontologique détermine les comportements. Bling bling pour les stars du ballon rond, baston et pochetronnade pour les tribunes. Car, pour atteindre le paradis du Mercato, comme le CAC 40, il faut d’abord écraser l’autre. (c) SF
(A noter que je ne suis pas sur de partager le parallèle Sarko/foot que fait Serge Maubert)
De plus en plus, je cite in extenso des articles ou des billets que j'ai trouvé pertinents, bien écrits, intéressants. Je les commente et je les "mets à disposition" - pour que les autres puissent se faire leur propre opinion. Et souvent je me demande où est la limite du plagiat. Hum, Internet. Plagier c'est imiter, et moi je donne toujours les sources, je fournis les liens et je (c)ise là où il faut. Mais bon... (A propos de certains articles en provenance de sites payants : mon idée c'est que je suis puisque je suis abonné, j'ai acquis le droit de faire une copie privée.)
Je tiens ce blog pour "prendre date" - un journal intime d'actu pas si intime que ça. Pour me souvenir que j'avais pensé ça à tel moment. En fait, je ne suis pas curieux de savoir si je suis lu ; au moins je sais que ceux qui me "googlisent" sauront comprendre rapidement ce qui me fait réagir. Et donc je cite - souvent en m'interrogeant. Jusqu'à ce quelqu'un m'interpelle...
Pas pour demain, mais peut être en route, explique Xavier Ternisien dans Le Monde. Article très bien troussé, qui m'a appris des tas de choses (ici ou là). Petit extrait révélateur :
L'organisation départementale est davantage un instrument du
centralisme jacobin qu'un outil de décentralisation. Au contraire, les
régions, érigées en collectivités locales en 1982, apparaissent
toujours plus ou moins comme un contre-pouvoir dont l'Etat se méfie.
Sur son blog, Jacques Attali écrit quelques mots significatifs à propos de son rapport. Sa conclusion est un peu dramatique, mais sonne juste (malheureusement) :
Préparer ce rapport fut l’occasion d’un formidable voyage en France. Avec trois conclusions majeures : d’abord, la désespérance croissante des plus fragiles, puis l’extraordinaire morgue des élites anciennes, et enfin la formidable mobilité des élites nouvelles. Face à cela, une élite politique et administrative de plus en plus
résignée, de moins en moins courageuse, de moins en moins honnête : chacun sait ce qui ne va pas, chacun
connaît les gaspillages mais nul n’ose
les reconnaître publiquement. La phrase que j’ai le plus entendue de ces gens là : "Dites-le dans votre rapport, parce que moi je ne peux pas le dire".
Et pire, ceux qui ajoutent : "Si vous le dites, je serai obligé de vous critiquer (mais pas trop fort) parce que je voudrais bien que ca change, mais vous comprenez, je ne peux pas me permettre de prendre le risque de perdre les prochaines élections". Alors, nous le disons.
Et donc, nombre de nos propositions seront critiquées en public par ceux là même qui nous les ont suggérées en privé. Ainsi va la France, "heureuse, richesse, puissante, enviée, prometteuse." Jusqu’à ce que l’envol des derniers oiseaux sur la branche en signe l’arrêt de mort.
j@attali.com
Dans Le Figaro, 40 scientifiques françaises s'insurgent contre la manière dont le "débat" sur les OGM est organisé instrumentalisé. Simple. L'original ici ou là, extraits :
"A l'issue du Grenelle de l'Environnement, Sarkozy a annoncé la suspension provisoire des cultures d'OGM au motif affirmé de l'insuffisance de leur évaluation scientifique. [...] Nous regrettons que la parole des scientifiques ait été totalement
inaudible dans ce débat où la passion l'emporte souvent sur la raison.
Membres des Académies des Sciences, des Technologies et d'Agriculture, nous nous étonnons de voir ainsi peu pris en compte le travail des scientifiques dans ce domaine. Rappelons qu'avant toute autorisation de mise en culture chaque OGM est l'objet, au cas par cas, d'évaluations approfondies tant au niveau national qu'européen. [...] Comment expliquer à nos concitoyens que l'on suspende aujourd'hui, sans éléments scientifiques nouveaux solidement argumentés, la culture d'un OGM qui a été autorisé par toutes les instances nommées par le gouvernement et leur demander d'avoir confiance, demain, dans les avis des prochaines autorités mises en place ?
Tout en reconnaissant que les choix politiques peuvent reposer sur d'autres critères que les seules analyses fournies par les scientifiques, nous demandons que le rejet de ces dernières ne soit pas les raisons avancées pour des décisions dont les fondements sont tout autres.
La poursuite d'une évaluation stricte, au cas par cas, de chaque nouvel OGM doit rester la règle, garante de la bonne gouvernance et la base d'une confiance partagée sur ces sujets. Mais sans respect de la légitimité des expertises scientifiques, aucune confiance ne pourra être bâtie pour le développement apaisé des biotechnologies végétales."
Pathétique. Bové fait sa rentrée, en mettant en scène une grève de la faim pour forcer Borloo/Sarkozy a, hum... grosso modo, si j'ai bien compris, forcer Borloo à faire interdire le maïs OGM - comme il l'aurait promis. Bové a l'air de se dire qu'en fauchant du mais virtuel il risque moins de se faire envoyer en prison payer des amendes. Il devient prudent, l'homme du Larzac.
Donc la fameuse grève de la faim, elle va avoir lieu rue de la Banque (comme ça les journalistes connaissent le chemin), après un lancement sous la tour Eiffel. En bruit de fonds, Bové passe sur les radios & TV - sans doute parce que les journalistes ont pris l'habitude de relayer ce qu'il raconte. (Tiens, je me demande quel prétexte il utilisera pour cesser cette mise en scène si Sarkozy décide de le prendre au mot et de le laisser dépérir...)
Mais bon, retour au maïs. Qu'est ce qu'il veut obtenir Bové, déjà (à part du temps d'antenne) ? Pas clair... Quel beau débat nous avons là, après un Grenelle incompréhensible, une gesticulation habituelle. Tiens, il est où Borloo, il est resté à Bali ? Comme Sarkozy, tout dans la comm'. Le président avait parlé de concertation - mais en fait lui et Bové se retrouve dans le bruit. Sans que les Français ne comprennent quoi que ce soit de plus au sujet...
MAJ: voir le complément d'enquête ci-dessous, grâce à Marianne2007.info.
On s'en doutait, mais ça se confirme : d'une manière ou d'une autre, dans l'affaire Borrel, Chirac a empêché des juges d'avancer vers une vérité que beaucoup connaissaient. C'est clair et c'est honteux.
«Nous étions sidérés de voir que l’on pouvait parler de suicide concernant Bernard Borrel, témoigne cet ancien militaire. Pour nous, il ne faisait aucun doute qu’il s’agissait d’un assassinat. L’hypothèse d’un suicide était farfelue pour toute personne connaissant la zone. Il y avait de graves menaces, du fait des luttes de pouvoir pour la présidence. C’étaient des batailles de clan.» Dans Libé, ici.

Pour être libre de penser autrement, de dire qu'une moitié de la France n'est pas l'ennemie de l'autre, de rassembler des compétences diverses, de proposer sans démagogie, d'agir sans préjugés, de refuser les effets d'affichage, de donner la parole aux Français, de prendre le temps du débat... Rejoignez le Mouvement Démocrate et soutenez François Bayrou !
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