Blogosphère MODem

Ecouter Bayrou

Abonnez vous !

  • Laissez les nouveaux billets de ce blog venir à vous. Si vous n'êtes pas familié avec les flux RSS, cliquez sur l'image pour en savoir plus.

Mes autres sites

Maintenir les 35 heures en les remettant en cause...

En quelques mots précis, Pierre-Luc Séguillon met le doigt sur les incohérences du mode de "réforme" de nos élites politiques actuelles (droite et gauche confondues). A propos de la loi TEPA, le "cadeau fiscal", hors de savoir si elle est "efficace" ou pas :

On peut se demander s’il était opportun d’accorder des allègements de charges aux entreprises pour contourner le problème des trente cinq heures en rendant attrayant l’usage des heures supplémentaires - tout en continuant à leur accorder des allègements pour la mise en œuvre des trente cinq heures. Ce qui revient paradoxalement à aider deux fois les entreprises pour maintenir  théoriquement les trente-cinq heures et néanmoins pour pratiquement les remettre en cause !

Des voitures à l'énergie éolienne...

Si, c'est possible. Des danois s'y emploient : leur idée consiste à mettre des batteries le long des routes, elles mêmes alimentées par des éoliennes. A lire sur AlwaysOn ici et ci-dessous, et voir plus bas.

What do a Danish energy company (Dong Energy), a Silicon Valley startup (Project Better Place), and an Israeli-American entrepreneur (Shai Aggasi) have in common? They all believe that electric cars might be the best answer for our transportation future. Using Dong Energy's wind stations, the electric car network will start up with a mass deployment in Denmark, with about 20,000 wind-powered recharging stations. Denmark is the second country to embrace a massive electric car project—Israel was the first, announcing in January that it will have an electric car network powered by renewable energy.

While the $42 million project is geared up for a start date in 2011, the technology still has some infrastructure challenges to sort out. AlwaysOn sat down to talk with Rudolph Blum, General Manager of Dong Energy, and learned how his company plans to set up a complete infrastructure to charge the electric car batteries. Just one of the many problems to work out is negotiating with the government on car taxation. Listen to what he says and get ready to clear out the clutter in your garage....

Réforme ou rupture ?

Dans le Financial Times, Jamie Whyte explique pourquoi la rupture (la vraie) vaut toujours mieux que qu'une lente réforme :

Aspiring liberalisers cannot afford to be incrementalists. Taking the slow road to your destination merely gives vested interests more opportunities to resist and increases the chance that, like Mr Blair, you will be replaced at the wheel by someone who knows exactly where to find the reverse gear. Worse, incrementalism is itself a commitment to the managerialism that liberalisers supposedly oppose. For who will administer all the micro-initiatives that lie on the long and winding road to the reform destination? Bureaucrats, of course. Mr Blair’s itsy-bitsy reform agenda has increased the number of government administrators by about half a million.

Lire la suite "Réforme ou rupture ?" »

Le problème avec le foot

Depuis longtemps je me posais la question à laquelle Serge Faubert répond ce matin brillamment :

Youngfootballhooliganjpg La violence et la bêtise sont consubstantielles de ce jeu. Les premiers hooligans sont apparus au début du XXème siècle. Et depuis le phénomène n’a pas désemparé. On peut s’obstiner à le nier. Invoquer l’alcool. Convoquer la sociologie des frustrations sociales et de la misère ouvrière à la recherche d’un exutoire. Il n’empêche. L’exemple du rugby est là pour souligner combien le vice est d’abord dans le jeu.

L’ovale n’est pas moins populaire que le foot - même s’il est davantage terroir que cités industrielles. Sport de contact, il est plus brutal.  Et pourtant, jamais on n’a assisté dans les tribunes ou devant les stades à de pareils déferlements de violence et de haine. Pourquoi ? Parce que le rugby est un sport d’équipe alors que le foot n’est qu’un rassemblement d’individualités qui se partagent un territoire. Une cohabitation. Au pays de l’ovale, tout s’organise autour du porteur du ballon. On l’accompagne, on le soutient. L’exploit résulte toujours d’une construction et d’un mouvement collectif. Au rugby, chacun a sa place. Petits, grands, gros, maigres, la diversité est la clé de la réussite. D ’abord l’équipe, ensuite les joueurs.

Au foot, on marque l’adversaire. Individu contre individu. Chacun pour soi. La loi de la jungle. C’est mon coin de pelouse, j’y étais le premier. Aucune transcendance collective. Les autres ne sont que des faire-valoirs, tout juste bons à faire la passe qui permettra de briller. Cette différence ontologique détermine les comportements. Bling bling pour les stars du ballon rond, baston et pochetronnade pour les tribunes. Car, pour atteindre le paradis du Mercato, comme le CAC 40, il faut d’abord écraser l’autre. (c) SF

(A noter que je ne suis pas sur de partager le parallèle Sarko/foot que fait Serge Maubert)

Le Sarko Show nouveau, sans complaisance

Tout_possible_sarkozy Les commentateurs ont l'air épatés que Sarkozy ait reconnu quelques erreurs. C'est fort, n'est ce  pas ? Tom King, lui, écrit les choses comme le reste du monde va les voir :

The truth is that 20% of Sarkozy’s time has gone, much of it wasted in divorce and re-marriage. Some reforms have been achieved, some considerable, but nothing like 20% of those promised. Having 12 months ago defined his presidency as one in which everyone’s purchasing power would be increased, he has not only not delivered, but purchasing power has decreased. It is not enough to admit he has made mistakes (we all know that), what the French deserve is to be told how he is going to correct those mistakes, be given proof that the “mistaken” ideas have been dumped and a new raft of ideas that will work have replaced them. But that did not seem to be in the order of the day.

Remarquez, Eric Dupin, lui n'est pas tendre : "Le président de la République mise visiblement un peu trop sur la com' pour rebondir après une année qui a déçu les Français. Sa prestation télévisée d'hier soir lui a permis de dessiner le profil d'un chef d'Etat à la fois plus humble et toujours courageux. Même s'il est apparu sur la défensive, il se peut que ce nouveau style lui permette, à moyen terme, d'être réécouté par l'opinion. Mais qu'a-t-il cependant à dire et à proposer aux Français ? C'est là que la bât blesse. L'auto-critique du président est restée formelle."

Hervé Mariton : ça décoiffe

Herv_mariton Entendu sur RMC, Hervé Mariton : il n'a pas sa langue dans sa poche. Il a publié une tribune, hum, irrespectueuse, dans Le Figaro, et il  s'exprime à propos de la politique du gouvernement : "Tout ça n'a de sens et tout ça ne peut marcher que si ça s'intègre dans une vision globale".

Il dit que des choses "bien" ont été engagées depuis un an, mais aussi quelques initiatives "plus énigmatiques". Entre autre : "L'ouverture casting, non!" Quand on lui demande  de choisir entre Sarkozy et Fillon, sans hésiter il répond "Fillon".

D'autres disent qu'ils abandonnent la langue de bois (sans le faire ; suivez mon regard), lui, hum, ben il dit les choses clairement. Intéressant... A visiter le blog de Mr Mariton, et le site de son club Réforme & Modernité.

Lire la suite "Hervé Mariton : ça décoiffe" »

A quand une catastrophe pour cause de réseau ferré pas entretenu ?

Trainwreck En 1999, j'étais à Londres. 31 personnes sont mortes dans un train à quelques kilomètres de Paddington Station, pour cause de voies ferrées mal entretenues. A l'époque, j'entends encore les cris des Français - expliquant que ce genre de choses ne pourraient jamais arriver chez nous ; c'était le résultat des privatisations hasardeuses de Margaret Thatcher, etc. Pourtant dès 2002, la Cour des Comptes attirait l'attention sur l'état inquiétant du réseau ferré français - sauf que personne ne l'a su parce que le rapport n'a pas été publié. Aujourd'hui, Bakchich nous parle d'un nouveau rapport de la Cour, qui dit la même chose que le premier.

"Un peu partout, des voyageurs s’étonnent. Pourquoi certains convois ralentissent sur des dizaines de kilomètres. La SNCF incrimine la chaleur, le froid, les feuilles mortes. Tu parles ! Tout simplement, les vallasts n’ont pas été changé à temps, certains postes de commande sont à bout de souffle. Dès 2002, les responsables de RFF écrivaient, dans une note confidentielle, que seulement 15 000 kilomètres de voies ferrées, soit la moitié du réseau, étaient entretenus. Un audit du réseau, réalisé en 2005, confirmait ces chiffres, « en raison d’une maintenance inadéquate », comme le répète le rapport rendu public hier. Il précise que « la dégradation du réseau impose des ralentissements permanents des trains pour raisons de sécurité » qui concernaient 1 300 km de lignes fin 2006 !"

Exactement la même chose qu'en Grande-Bretagne, sauf que là-bas les gérants inefficaces du réseau ont été remis en place. Chez nous, qu'allons nous voir ? Les gens de RFF vont ils être remis en place par les gens de la SNCF ? Le gouvernement va t'il fourrer son nez dans ce guépier ? Les élus UMP vont ils monter au créneau ? Sans doute pas. Jusqu'au premier accident, où la cause sera la vétusté du réseau. Usine à gaz montée par des hauts fonctionnaires "irresponsables", ça ne vous rappelle rien ? Sauf que le déraillement du Crédit Lyonnais n'a tué personne...

Séguillon sur le Modem et Bayrou

Seguillon_bayrou Pierre-Luc Séguillon définit (bien je trouve) le Modem dans une note publiée ce matin :

"Le Modem revendique une identité politique originale. Il se veut libéral et social. Il refuse à la fois l’Etat à tout faire des socialistes et la remise en cause du modèle social français opérée par la droite. Il est profondément européen et ne connaît sur le sujet ni la fracture qui traverse le PS ni les désaccords qui habitent l’UMP. Il a pris pour intitulé la démocratie et prône un mode de scrutin qui permette à l’ensemble des composantes et sensibilités politiques d’être représentées au parlement. Il se targue de progressisme, adversaire de tous les conservatismes qu’ils soient de droite ou de gauche mais hostile au changement pour le changement et à la perte des valeurs qui font la spécificité d’une nation."

Dans le reste du billet, il explique qu'à son avis François Bayrou doit passer à une vraie phase d'organisation, sinon il va finir par se retrouver vraiment seul - même si rien ne le fera dévier de sa route.

Lire la suite "Séguillon sur le Modem et Bayrou" »

500.000 emplois non pourvus, raisonnement simpliste

Medium_payejpg On nous explique régulièrement qu'il y a des centaines de milliers d'emplois non pourvus en France : maçons, garçons de café, peintres, etc. Il parait que c'est parce que les Français refusent de se salir les mains. Ce matin sur RMC, la voix du bon sens : "Mais le problème c'est le salaire !" Un chauffeur routier qui se lève de plus en plus tôt pour le même salaire, explique : "Vous me donnez 2.000€ net par mois pour faire le conducteur d'engin ou le peintre, je le fais moi mes 35 heures, je m'en fous d'avoir les mains sales, je le prends de suite le boulot."

Alors posons nous la question : comment augmenter les salaires ? Réponse simpliste : en baissant le coût du travail. L'employeur raisonnne en coût global : pour un budget par salarié équivalent, s'il verse 200€ de moins en charge, il saura verser 200€ en salaire de plus. C'est bête... Bayrou proposait quelque chose de proche, dans sa simplicité : 2 emplois sans charges. Avec ce mécanisme, l'employeur peut augmenter le salaire à son budget équivalent. Simple. ou ai-je manqué quelque chose ?

La pauvre culture de Sarkozy dans l'IHT

Sarkozy se fait tailler un costard dans l'International Herald Tribune : "Nearly a year into his term, President Nicolas Sarkozy of France has hardly mentioned the arts or culture. In late February, he said that French cuisine should be added to the Unesco World Heritage list." La suite...

Le Ponant tombe bien...

Ponant_sarkozy Alors que le retour des naufragés otages du Ponant a eu lieu devant des caméras de télévision, Tim King écrit une note mi-acerbe, mi-ironique relevant que l'opération Ponant tombe à point nommé pour qu'on parle un peu moins de l'Afghanistan. "Leur avion s'est posé vers 19h30 à l'aéroport d'Orly, près de Paris, où le président Nicolas Sarkozy les a accueillis au pied de la passerelle," raconte L'Express.

Tim King explique comment la marine britannique a produit un film au standard hollywoodien pour recruiter - sur un scénario identique à celui de l'incident Ponant. Bien sur, c'est un hasard. Mais Tim King nous rappelle comment il est facile de voir en France ce que nos médias privilégient. Sans malice...

La crise financière pour les nuls

Pas si grave, peut être. [Cela dit, depuis six mois, après chaque trou d'air on pousse un ouf de soulagement : "Pas si grave, finalement". Hum.] Une explication détaillée dans The Economist. Le Boucher dans Le Monde décrit les choses simplement :

"La crise née d'une innovation (des prêts immobiliers à des gens sans ressources, dits subprimes) s'amplifie et se propage. Chaque mois, un nouveau compartiment des marchés financiers s'effondre, et on découvre au fur et à mesure que les mauvaises créances immobilières ont été revendues (titrisées), mélangées à d'autres, découpées en tranches, puis certaines de ces tranches servent à leurs détenteurs comme du capital pour lever de nouveaux fonds, le tout étant à nouveau découpé en tranches pour être placé dans le monde entier. On a bien lu : comme du capital ! Comme si le contenu d'origine en subprimes douteux avait été oublié ! Et quand on le découvre, ou que simplement le doute s'installe, les autres financiers de la place refusent ce "papier", sa valeur cote zéro, le détenteur (la banque par exemple) se retrouve ruiné." (L'article).

Bling bling vu des Etats-Unis

Le New York Times aussi a bien noté que Sarkozy en a trop fait, mais pas assez de réformes :

Nyt_logo_3 President Nicolas Sarkozy’s center-right party got a rebuke from French voters in recent local elections, with leftist parties narrowly beating Mr. Sarkozy’s party and its allies. The opposition Socialists tried to spin this as a rejection of economic reforms, the platform on which Mr. Sarkozy was elected 10 months ago, but they knew as well as everyone else in France that was not the issue.

For one thing, there haven’t been that many reforms that anybody’s noticed. For another, every poll made clear that Mr. Sarkozy was being punished for all the high-profile and unpresidential antics that have earned him the sobriquet “President Bling-Bling.”

For a politician who worked so long and hard to get into the Élysée Palace, Mr. Sarkozy has demonstrated a curious notion of how to behave once there. His stormy divorce and almost immediate remarriage to a glamorous singer-model were only the most sensational of moves that got Sarkozy onto 252 glossy French magazine covers in 2007.

Some are fairly classified as personal business, but some were bad judgment by any measure: when he stalked out of an interview with Lesley Stahl of CBS News while calling his press spokesman an “imbecile,” or his crude crack at a guy who refused to shake hands with him at the Paris farm show, which became an instant Internet hit. Such tidbits of sensation have been coupled with badly garbled messages from Mr. Sarkozy’s administration, with the president or his aides often talking and acting at cross-purposes to the ministers. Mr. Sarkozy proposed in February that fifth-graders research individual French children killed in the Holocaust, a peculiar foray into classroom issues that caught his government by surprise and was soon scrapped.

With luck, the election rebuff will be just what Mr. Sarkozy needs to refocus his boundless energy on what he promised: serious economic reforms. He has said he would “draw conclusions” from the local vote, and Élysée officials are taking steps to “represidentialize” the president. Mr. Sarkozy is far too ebullient to be turned into a clone of his staid and pompous predecessors, but when a politician’s behavior gets in the way of his mission, it’s time for a dose of discipline.

(c) The New York Times (22/03/08)

Fraude électorale

Urne_poubelle Certains critiquent Bayrou. Ils devraient se renseigner avant de le traiter de mauvais perdant. Quand un gratuit sans pub apparait deux mois avant le scrutin, avec à sa tête un type qui refuse d'expliquer d'où viennent ses financements, qui tape sur Bayrou, diffuse les thèses du candidat soutenu par l'UMP, est distribué dans toutes les boites aux lettres de la ville - et qu'on apprend qu'il est imprimé au même endroit que les documents électoraux d'Urieta, ça pue. Vraiment. Si Bayrou veut remuer la boue, et que les preuves sont là - il a bien raison. D'où vient l'argent ?

Vous pouvez lire les "preuves" plus bas.

Lire la suite "Fraude électorale" »

Bayrou après Pau : garder le cap, en l'expliquant

Bayrou_internet_2 Les commentateurs (presque) unanimes enterrent François Bayrou, bien vite. Décidément ils ne comprennent rien : sauf Roland Cayrol (entendu dans C dans l'air), ils ont tous l'air de considérer que, ma foi, tot ça est très normal. L'UMPS est sur la même longueur d'onde, sans trop en parler (parce qu'on ne sait jamais).

J'ai été ennuyé pour François Bayrou à propos de Pau, mais pas trop. Et puis quand j'ai vu sa mine sereine à la télé à 20 heures et des poussières, je me suis dit que finalement, Pau pour lui c'était  win-win. S'il  avait gagné, eh bien, il aurait gagné - y compris le droit d'avoir moins de temps à consacrer à son travail "national" au risque de se faire recadrer plus tard ("hé le cumulard"). Il a perdu, à quelques voix près, et alors il s'explique victime de Sarkozy. Cette "excuse" n'aurait aucun impact si elle était fausse. Mais tout le monde sait très bien qu'elle est vraie. Là, ça aura un impact (comme la gifle) à moyen terme. Et ça tombe bien, puisque le moyen terme est devant Mr Bayrou. Les gens n'aime pas qu'on triche, en utilisant le système. Hors c'est ce que Sarkozy a fait, et c'est exactement ce que Bayrou veut changer. Quel bel argument, à répéter, rabâcher, utiliser comme contre-exemple.

Maintenant il faut construire ; enfin "semer" - puisqu'il y a suffisamment de temps d'ici à 2012 pour que la moisson lève. A mon avis, il faut s'appuyer sur deux jambes : d'un coté le terrain, tout ceux (souvent néophytes de la politique) qui se sont mobilisés depuis l'été dernier, et de l'autre le Net, comme aux Etats-Unis, comme Obama et McCain, et même Clinton.

J'ai été (un tout petit peu) impliqué dans la campagne Internet du candidat Bayrou l'année dernière. Je serais ravi de continuer, de reprendre l'effort, maintenant que les municipales sont passées et que le décor est planté. Sur le long terme, et en passant par la case "européennes" dans 15 mois qui va mobiliser (proportionnellement plus) des gens qui sont  l'aise sur le web, qui auront après le temps de "recruter" autour d'eux sur les 20 mois suivants. D'autant plus qu'en cours de route, on peut apprendre beaucoup de choses de ce qui se passe aux Etats-Unis (entre maintenant et novembre prochain).

Municipales et Sarkozy

Après une défaite (que certains de ses thuriféraires ont eu du mal à reconnaitre) à ce scrutin intermédiaire, on nous dit que Sarkozy a ajusté sa manière de faire, et que les choses sont maintenant organisées pour avancer vers ces réformes dont on nous parle sans cesse. Mais certains observateurs remarquent que Sarkozy avait ainsi, de même, "amendé" son attitude il y a tout juste un an durant la campagne - et on sait que depuis le naturel a repris ses droits.

Mais donnons lui donne le bénéfice du doute. Monsieur le Président, vous voila organisé comme vos prédecesseurs, et vous semblez nous dire que votre style s'est "dévibrionisé", parfait. Maintenant allez vous avoir le courage de faire des vraies réformes, celles qui importent pour le pays  (pas seulement des réformettes, comme dit Mr Dutreil) ?

Lire la suite "Municipales et Sarkozy" »

Un goutte d'absurde en plus

Velib_vide Je viens de passer devant la station Velib' du haut de la rue Francoeur, à Montmartre. Vide. Bakchich a raison. La "régulation naturelle" ne fonctionne pas du tout, ce qui fait que les stations en hauteur sont vides, parce que les gens rechignent à pédaler dans les cotes... Il parait que pour remédier à ce problème, il suffirait que les employés de JCDecaux (qui gère les Velib') soient plus nombreux et/ou soient autorisés par l'inspection du Travail à bosser la nuit - pour transporter les vélos des stations trop pleines au stations vides. Mais ça n'arrivera pas de si tôt (nous dit on).

Sans doute parce que l'inspection du Travail ne "permettra pas" aux salariés de JCDecaux de bosser la nuit, et parce que les charges sont trop élevées pour en engager d'autres - dans le contexte du contrat signé par la ville de Paris. Et vogue la galère... Un projet intelligent, écologique et créateur d'emploi (même s'il doit être debuggé) qui pourrait finir par mécontenter les usagers, parce les contraintes qui pèsent sur le travail sont aveugles, et les charges trop élevées.

Pendant ce temps là, Sarkozy se met en tête de faire parrainer les victimes de la Shoah par les gosses de CM2...

Le Goff sur Sarko & Ségo (suite)

L'énigme Sarkozy

Sarkozy_pensif_legoff "La personnalité du [président] et son caractère largement atypique au sein de la droite n'ont pas manqué d'intriguer. On a souligné ses aspects «bonapartistes» et «populistes», son flirt avec certaines idées du Front national a réactivé le vieux réflexe antifasciste de la gauche… Son énergie et son agitation font penser à Chirac, mais la façon dont il malmène le protocole et s'affiche dans les médias rappelle fortement Valéry Giscard d'Estaing. Bonapartiste, mais aussi orléaniste, populiste, enfant rebelle de Chirac… Comment s'y retrouver?"

Lire la suite "L'énigme Sarkozy" »

Réformes, quelles réformes ?

Fillon_droit_2 Comme je suis convaincu que Sarkozy ne changera rien, je n'aperçois pas la réforme à l'horizon - mais je suis partial. Tout le monde nous dit qu'elles se font. Même les opposants ont l'air de laisser entendre que Sarkozy et Fillon réforment. Alors, je me suis mis à la recherche des réformes en question.

Passée inaperçue pour cause de scandale Société Générale, une interview de Fillon dans le Financial Times. On peut se dire que François Fillon s'adressant au monde de la finance internationale pourrait laisser tomber la langue de bois. L'AFP nous dit qu'il y "vante ses réformes pour protéger la croissance en 2008". En allant à la source (lire ici), on constate la limite des choses. Grosso modo, Fillon explique que "contrairement à l'habitude, aucun engagement [budgétaire] déraisonnable  n'a été pris dans l'année présidentielle", que les augmentations de dépenses publiques ont été limitées, et que "des négociations sont en cours".  "There is a long way to go. But we have started, " nous dit Fillon. Il continue en expliquant qu'il a mis en route un audit de "tout ce qui ne va pas," et qu'en 2008 "we are going to propose restructurings." Il va proposer des réformes, que Sarkozy aura le loisir de ne pas accepter, en s'appuyant sur ses députés. Dans la même veine, nous comprenons ces jours-ci que le rapport Attali va être "étudié," et qu'on mettra en application certaines propositions, le moment venu. Pas de précipitation, des intentions, la base d'une méthode. Et...? A moins que j'aie raté un épisode.

Reformes_quelles_reformes A propos de la méthode, examinons ces fameuses négociations. Autour de l'agitation sur les régimes sociaux et la réforme du marché du travail, on a beaucoup "négocié", et on nous a dit que la CGT était devenue raisonnable. A entendre les politiques, et beaucoup de journalistes radio/TV (mais pas tous), tout ça est nouveau (parait il), et cette réforme est une avancée. Voyons ça, de quoi parle t'on ? En s'arrêtant sur le détail, on constate... pas grand chose. Résumons : on a ajusté les règles pour reflèter des pratiques déjà en cours entre patrons et salariés (sur les licenciements négociés), on a inventé des contrats flexibles pour cadres qui n'ont pas de problèmes à trouver du boulot (à la limite des contrats de travail temporaire, qui existent déjà) et on a créé quelques filets/outils de protection sociale bienvenus mais (sans doute) pas très bien financés. Tout ça pour ça ? Pas idiot, mais pas révolutionnaire non plus, loin s'en faut. C'est ça que Fillon appelle des réformes ? C'est avec ça qu'il va "protéger la croissance en 2008" ?

Il ne fallait pas lui faire de procès d'intention. Suffisamment de temps a passé. Maintenant Sarkozy, le grand ordonnateur, serait bien inspiré (pour lui et pour le pays) de faire ce qu'il a promis. Vraiment. Allez, mettons qu'à la fin de 2008, on pourra refaire le point avec Fillon...

Blog, revue de presse, plagiat...

Internet_sans_plagiat De plus en plus, je cite in extenso des articles ou des billets que j'ai trouvé pertinents, bien écrits, intéressants. Je les commente et je les "mets à disposition" - pour que les autres puissent se faire leur propre opinion. Et souvent je me demande où est la limite du plagiat. Hum, Internet. Plagier c'est imiter, et moi je donne toujours les sources, je fournis les liens et je (c)ise là où il faut. Mais bon... (A propos de certains articles en provenance de sites payants : mon idée c'est que je suis puisque je suis abonné, j'ai acquis le droit de faire une copie privée.)

Je tiens ce blog pour "prendre date" - un journal intime d'actu pas si intime que ça. Pour me souvenir que j'avais pensé ça à tel moment. En fait, je ne suis pas curieux de savoir si je suis lu ; au moins je sais que ceux qui me "googlisent" sauront comprendre rapidement ce qui me fait réagir. Et donc je cite - souvent en m'interrogeant. Jusqu'à ce quelqu'un m'interpelle...

La disparition des départements ?

Pas pour demain, mais peut être en route, explique Xavier Ternisien dans Le Monde. Article très bien troussé, qui m'a appris des tas de choses (ici ou ). Petit extrait révélateur :

France_cartejpg L'organisation départementale est davantage un instrument du centralisme jacobin qu'un outil de décentralisation. Au contraire, les régions, érigées en collectivités locales en 1982, apparaissent toujours plus ou moins comme un contre-pouvoir dont l'Etat se méfie.

Agrocarburants : une ineptie

On se doutait bien que bruler du gasoil (dans les tracteurs), répandre des pesticicides et replanter des jachères ne seraient pas très bon pour l'environnement. Le Monde (ici) explique comment les scientifiques s'en mèlent, et s'étourdissent. A mon avis, ces agrocarburants ont aussi le mérite de permettre aux constructeurs automobiles de ne pas passer aux moteurs propres trop vite - et ainsi aussi aux pétroliers de continuer à bien vivre. Tout le monde s'entend...

Ben_alors

Comment a-t-on pu s'engager aussi rapidement dans la production d'agrocarburants ? C'est la question qu'ont fini par se poser, un peu interloqués, les quelque cinquante chercheurs et experts participant à un séminaire sur "Agrocarburants et développement durable" organisé à Grenoble. [...] Ainsi, en raison d'une mauvaise combustion, certains agrocarburants pourraient conduire à une augmentation des émissions de polluants atmosphériques, comme le protoxyde d'azote. De même, du fait que le colza absorbe mal l'engrais azoté, son développement en culture énergétique risque de provoquer une augmentation des pollutions de l'eau. [...] En fait, le développement des agrocarburants a été largement motivé par la volonté de soutenir les céréaliers, mis à mal des deux côtés de l'Atlantique par la baisse des subventions.

Trop de sel : scientifique contre lobby industriel

Sur France Info, une chronique d'Anne-Laure Barral, à propos de Pierre Meneton, chercheur à l’Inserm, qui comparaît aujourd’hui à Paris pour diffamation.

Trop_de_sel_3 Plusieurs industriels de l’agro-alimentaire lui reprochent d’avoir, dans une interview (lire ici), dénoncé une forme de désinformation autour de la consommation de sel. Une affaire qui émeut la communauté scientifique et ceux qu’on appelle les "lanceurs d’alerte". "Le lobby des producteurs de sel et du secteur agro-alimentaire est très actif. Il désinforme les professionnels de la santé et des médias".

C’est cette phrase qui vaut à Pierre Meneton, chargé de recherche à l’INSERM de comparaître en début d’après-midi devant la 17ème chambre du tribunal de grande instance de Paris. Une plainte pour diffamation déposée par plusieurs industriels dont le Comité des Salines de France. Il a également critiqué les premières expertises de l’Afssa en la matière. En effet, l’Agence admet que 4 grammes de sel sont suffisants pour combler les besoins d’un adulte par jour. En 1999, les Français en consommait 8,1g par jour ; aujourd’hui ils en sont à 7,7g. Pour Pierre Meneton, les dangers du sel sont méconnus et relèvent du niveau de ceux du plomb ou même de l’amiante. Au-delà du procès d’un scientifique contre un lobby industriel, il s’agit aussi de savoir quelle place la justice donne aux lanceurs d’alerte. D’autres cas que celui de Pierre Meneton existent, qui ont tenté de dénoncer les dangers environnementaux ou sanitaires contre de grandes structures industriels.

Pierre_meneton C’est pourquoi une manifestation de soutien à Pierre Meneton est organisée aujourd’hui, à l’occasion de ce procès, pour réclamer une loi de protection des lanceurs d’alerte. Un dispositif qui avait été envisagé lors du Grenelle de l’environnement autour de la question de la gouvernance écologique. Corinne Lepage doit d’ailleurs remettre un rapport à Jean-Louis Borloo sur le sujet vendredi.

Lire la suite "Trop de sel : scientifique contre lobby industriel" »

Socgen (suite) : énorme et simple à la fois

Desktrading_kerviel Le Monde publie de larges extraits des "aveux" de Jérome Kerviel. Leur lecture m'a ramené 17 ans en arrière, quand j'étais "trader" (teneur de marché, soyons précis, ce qui n'a rien à voir avec "courtier") chez Bankers Trust, à Paris et à Londres.

Bankers_trust Même "pyschologie" des responsables d'équipe de trading, même manière de contourner les controles - très humainement. Tous les professionnels qui liront ça sauront que ce que Kerviel a fait, nous aurions tous pu le faire (pas vraiment une excuse, mais proche)  et que les responsables de ce foutoir sont les responsables hiérarchiques - inconséquents, ou incompétents (ou les deux). Lisez, même si vous n'êtes pas pro (ici pour le téléchargement).

Tous les systèmes du monde ne peuvent rien si les responsables choisissent d'en ignorer les messages - parce qu'ils y ont intérêt. Je suis curieux de savoir comment la banque va se défendre contre ce que raconte Kerviel. Ils obtiendront gain de cause à propos des emails falsifiés (Kerviel a été naif et inconscient) - mais pas au delà. Mais le job Bouton et.al. (et en tous cas des responsables de desks) c'est de gérer les traders qui gagnent (ou perdent) des monceaux de frics, pour qu'à la fin de l'année ils aient gagné 51% (ou plus) du temps dans des conditions "encadrées" et sécurisées. Quand on lit les extraits, on sait que les managers de Socgen ont déjà perdu la bataille de la crédibilité.

(Bon, cela dit, rien de tout ça n'explique les ventes massives de Robert Day...)

La stratégie de François Bayrou

Bayrou_pensif_assemblee Les journalistes font mine de ne pas comprendre la stratégie de Bayrou. Pourtant c'est simple. je crois qu'il construit sa traversée du désert, en s'étant débarrassé des fardeaux - et les municipales sont sans doute le dernier round pour ça : "J'ai fait table rase du passé. Peau neuve. Le MoDem n'a peut-être plus d'élus, mais il aligne les militants (65.000) et des talents nouveaux qui, demain, irrigueront la vie politique française. J'ai investi plus de 400 nouvelles têtes de liste pour ces municipales. Rien que du sang neuf" dit il dans le JDD (lire l'article).

Il est égocentré, Bayrou ? Un peu, beaucoup, qui ne l'est pas qui pense avoir vocation à être président ? En ce qui me concerne, sa vision compte. Et pour l'instant, elle me semble juste. Après les municipales, il faudra structurer les militants, diffuser le message, démontrer la vision - en "racontant des histoires" (puisque c'est comme ça que ça marche maintenant) mais sans se moquer des gens. Irriguer...

Socgen : ils nous mentent

Menteurs_socgen C'est limpide. Et personne en France n'a relevé - à part Jean Montaldo qui explique très bien (en détail) les choses sur Rue89 [En passant : cela démontre bien l'inculture économique ambiante.] Et le Financial Times l'explique. Ca commence simplement : "Eurex a indiqué que les controles ont fonctionnés correctement".

Explications. Socgen prétend que Kerviel a su cacher ses fraudes en créant des contreparties fictives face à ses positions risquées ; c'est à dire que quand il a acheté un truc, il aurait créé une fausse vente en face et que c'est pour ça que les controleurs internes n'ont rien vu. Sauf que ces prétendues fausses ventes, elles auraient du laisser des traces dans les structures de compensation des marchés - c'est à dire "hors" de la Socgen. Mais comme elles n'existaient pas, ça n'a pas été le cas - et donc Eurex (une place de marché électronique et chambre de compensation, externe à la Socgen) a alerté le management de la SocGen dès novembre dernier. Donc la Socgen savait, Bouton et.al nous mentent. CQFD.

Robert_a_day_2 On apprend aussi qu'un certain Robert Day, administrateur de la Socgen depuis 2002, a vendu ses titres (et ceux détenus par une fondation proche de lui) les 9, 10 et 18 janvier (approx. 145m€). Tous ses titres. La Socgen explique que ça n'a rien à voir. Ben voyons... Si le monsieur (65 ans, citoyen américain, héritier d'une fortune pétrolière, fondateur d'une boite de gestion financière rachetée par la banque - d'ou son poste au conseil d'administration au moins jusqu'à 2010, par ailleurs leveur de fonds pour Bush) a eu connaissance du problème entre novembre et l'annonce officielle, logique qu'il n'ait pas attendu le dernier moment pour vendre. Il a du se dire qu'il était plus malin que les autres, et que "ça ne se verrait pas". Aujourd'hui il annonce qu'il coopérera à toute enquête.

Ségolène c'est plus fort que Besancenot (ou Sarkozy...)

Elle a encore perdu une occasion de se taire. Populisme abruti, café du commerce consternant. (Je commence à la comparer à George Bush : on me dit d'elle qu'elle n'est pas bête, mais elle enfile des perles, mois après mois. Alors, qu'en est il vraiment ?)

Royal_doigt_2 "Ces 5 milliards d'euros, plus les 2 millions perdus dans les +subprime+ représentent un tiers du déficit de la sécurité sociale", a dit Mme Royal. "Quand les Français ont un compte bancaire excédentaire en début de mois et le terminent à découvert, les pénalités tombent. Les banques s'enrichissent sur le dos des plus modestes. Je demande à ce que les 7 milliards d'euros soient remboursés aux familles qui sont plongées dans l'endettement", a-t'elle ajouté.

Après l'incident Socgen, "the great unwinding"

Un éditorial passionnant dans le Financial Times, à propos de la place des marchés dans notre économie - et le besoin de les réformer. Editorial sans doute surprenant pour ceux qui considèrent le FT comme la voix de la City et du capitalisme financier, ou le journal prone une (re)régulation - ou au moins une meilleure régulation. Extraits, l'intégral plus bas :

Hectic_market If the US suffers a recession in 2008 or 2009 it will not be due to an industrial decline or an oil price shock. It will be a recession that began in the financial system. The response of the general public is confusion, tinged with horror, at how intangible finance can impinge on their daily lives. Even some bankers and traders must be struck by the chaos their business can unleash, and feel awe at just how powerful they have become.

After the excesses of recent years, a great unwinding has begun. That is necessary and good. But if the ultimate result is markets that are even bigger and better, banks and their like need to do more to show they can be trusted, and that the public’s gain from hyperfinance is at least as great as their own.

Lire la suite "Après l'incident Socgen, "the great unwinding"" »

Désespérance, morgue, mobilité

Sur son blog, Jacques Attali écrit quelques mots significatifs à propos de son rapport. Sa conclusion est un peu dramatique, mais sonne juste (malheureusement) :

Oiseau_branche_2 Préparer ce rapport fut l’occasion d’un formidable voyage en France. Avec trois conclusions majeures : d’abord, la désespérance croissante des plus fragiles, puis l’extraordinaire morgue des élites anciennes, et enfin la formidable mobilité des élites nouvelles. Face à cela, une élite politique et administrative de plus en plus résignée, de moins en moins courageuse, de moins en moins honnête : chacun sait ce qui ne va pas, chacun connaît les gaspillages mais nul n’ose les reconnaître publiquement. La phrase que j’ai le plus entendue de ces gens là : "Dites-le dans votre rapport, parce que moi je ne peux pas le dire".

Et pire, ceux qui ajoutent : "Si vous le dites, je serai obligé de vous critiquer (mais pas trop fort) parce que je voudrais bien que ca change, mais vous comprenez, je ne peux pas me permettre de prendre le risque de perdre les prochaines élections". Alors, nous le disons.

Et donc, nombre de nos propositions seront critiquées en public par ceux là même qui nous les ont suggérées en privé.  Ainsi va la France, "heureuse, richesse, puissante, enviée, prometteuse." Jusqu’à ce que l’envol des derniers oiseaux sur la branche en signe l’arrêt de mort.

j@attali.com

Rapport Attali : Sarkozy dans la nasse ?

Sarkosy_nasse_2 Marrant comme ce qui est passé pour certains pour un coup politique de Sarkozy ("encore un homme de gauche passé à droite") pourrait bien devenir un piège. A propos de son rapport, Attali présente les choses de telles manières que si le président ne tient pas parole ("tout ce que vous direz je le ferai") c'est lui qui deviendra son plus féroce critique... Deux citations, dans le Figaro et The Economist (qui est en train de revenir de sa sarkophilie à grande vitesse...) :

Economist_logojpg Despite Mr Sarkozy's campaign talk of a rupture with the past, on almost every measure, from the reform of universities to pensions to the labour market, his reforms in office have turned out to be half-hearted. For example, the new job contract just agreed by the unions and employers after months of negotiation will enable employers to shed workers without the risk of going to a labour tribunal, but only at the price of higher pay-offs. It could be that Mr Sarkozy now plans to use the half-reforms that he is implementing as stepping-stones to something bolder. It could also be that he hopes to use the Attali report to find a new consensus for pressing ahead more forcefully. Past experience with such reports, however, is not encouraging. As Mr Pébereau put it wearily in his report in 2005, “the multiplication of commissions, committees and reviews contrasts with the feeble use made of their work. Their creation even sometimes seems to be a way of putting off decisions.”

 

Figaro1 La manière dont Sarkozy se saisira des préconisations d'Attali lui permettra de marquer ou non l'essai. Il a indiqué qu'il n'était pas d'accord sur 3 propositions ; il a donc lais­sé entendre qu'il retiendrait les 313 autres. Laissé entendre, seulement : il est resté flou sur ses intentions. Il sait que la fin du numerus clausus pour les taxis, la diminution des niches fiscales ou le recours accru à l'immigration, par exemple, n'au­raient pas l'heur de plaire à son électorat (encore moins à l'approche des municipales). Il sait qu'une partie des propositions sont depuis longtemps dans l'air, mais n'ont pas été mises en œuvre faute de courage politique (y compris par la droite). François Hollande a prédit au rapport un destin de « ramasse-poussière », mettant Sarkozy au pied du mur. Ce dernier aura-t-il la volonté et la capacité de se saisir de "l'essentiel" du rapport ? Après un coup politique et des mois de pression médiatique, il serait dangereux politiquement de ne rien faire.

Changer la méthode

Dans Libération, une enquête édifiante sur l'état d'esprit des députés UMP qui en ont assez d'être méprisés maltraités par Sarkozy. Soyons clairs : la plupart d'entre eux sont égoistes, et ne râlent que parce que les mesures décrétées (ou envisagées) par le président vont endommager leur capital "clientélisme". Mais le fond est si juste... L'intégral plus bas, extrait :

Assemblee1 Pour les députés UMP, c’est le dossier OGM qui a été l’humiliation de trop. La décision du chef de l’Etat d’invoquer le principe de sauvegarde sur la culture du maïs Mon-810 a ulcéré à la droite de l’Hémicycle. Aiguillonnés par une prise de position publique de Bernard Accoyer, plusieurs députés ont, dans le huis clos du groupe, dénoncé le 15 janvier la mauvaise manière de l’exécutif, sur le fond et la forme. «Les députés UMP travaillent depuis plusieurs années sur le dossier OGM, explique Marc Laffineur, vice-président de l’Assemblée. Des rapports très sérieux, très documentés ont été présentés. L’enjeu n’est pas seulement agricole. Il est scientifique et thérapeutique. Et des centaines de milliers d’emplois en dépendent à terme. Tout cela pour qu’à la fin des fins on ne soit pas même consultés !»

Lire la suite "Changer la méthode" »

Incohérence, suite : le "bal des cocus"

Marrant comme depuis le début de l'année (3 semaines), le vent semble avoir tourné. Suite au sarkoshow des voeux à la presse, les journalistes français ont commencé à s'interroger sur eux mêmes. Pas trop fort, mais on progresse. Et puis tout ceux qui attendaient beaucoup de Sarkozy déchantent. A grande vitesse, il semblerait. Le ton d'Eric Le Boucher dans Le Monde (ici aussi) me fait penser à celui de Guy Sorman.

"Nicolas Sarkozy n'a pas à nous préparer une civilisation, il a besoin de faire des réformes fortes et cohérentes. Cela ne demande pas une nouvelle Renaissance mais, humblement, une ligne de stratégie économique, politique, sociale, étrangère, etc."

Celui de Nicolas Baverez dans Le Point est plus sobre, plus méchant. Ils parlent tous de la cohérence - enfin de l'incohérence. Un consensus se dégage. Les Français semblent aussi comprendre. Ou est ce simplement la fin de l'état de grâce ? Bref, nous sommes coincés dans la salle de spectacle pour les 4 prochaines années...

PS: Je ne peux pas m'empêcher de mettre le doigt sur une incohérence de plus : Sarkozy, toujours en campagne électorale (ou déjà...) laisse entendre qu'il veut remettre les quotas de pêche en cause - quelques jours après avoir  interdit le maïs OGM sur la base du principe de précaution... Comprenne qui pourra !

Sarkozysme en folie : parlons des incohérences...

Un billet saignant d'Eric Dupin, qui met le doigt là où les incohérences sautent aux yeux. Dans un commentaire on peut lire : "Sarkozy est un Chirac bis qui se moque des électeurs de droite." Piquant :

Sarko_de_dos_2 La cohérence du sarkozysme est soumise à rude épreuve cet an-ci. Plusieurs événements suggèrent que le pouvoir navigue désormais à vue.

Le chef de l'Etat avait assis sa fortune politique sur de mâles proclamations guerrières en matière de sécurité. On allait nettoyer au "kärcher" les cités de banlieue et la République allait reconquérir ces territoires manu militari. Ce n'est pas précisément ce qui s'est passé. Les émeutes de Villiers-le-Bel ont signé l'échec d'une politique de force, d'ailleurs plus déclamée que pratiquée. Résultat: la ministre de l'Intérieur opère aujourd'hui un virage sur l'aile en réinventant timidement la police de proximité, trop souvent caricaturée, créée par Jean-Pierre Chevènement.

La nomination de Fadela Amara comme secrétaire d'Etat à la Ville fut un des succès de la politique d'ouverture de Nicolas Sarkozy. On allait voir ce qu'on allait voir. Quelques mois plus tard, la désillusion est totale. Largement privé de moyens, le "plan banlieue" est embourbé. La ministre de la Ville elle-même affirme publiquement qu'elle n'y "croit pas" !

L'exemple de l'incohérence vient d'en haut. La conversion brutale du président à une fumeuse "politique de civilisation", en lieu et place des exigences de croissance et de pouvoir d'achat hier encore brandies, a tout du changement de pied improvisé. Les Français ont toutes les raisons d'accueillir avec le plus grand scepticisme ce nouveau discours - qui devrait au demeurant rester un discours. "L’Arabie Saoudite et la France partagent les mêmes objectifs d’une politique de civilisation", a osé déclarer Sarkozy à Riyad, dans un pays qui ne respecte ni la démocratie ni les libertés les plus élémentaires. C'est dire le sérieux du concept de "politique de civilisation" à la sauce sarkozienne. Malgré son goût nouveau pour la philosophie qualitative, le président s'est toutefois vanté d'avoir évoqué une "quarantaine de milliards" d'euros de contrats au cours de ce voyage. Au royaume du wahhabisme, Sarkozy ne s'est pas contenté de célébrer, sur tous les tons, "Dieu qui est le rempart contre l'orgueil démesuré et la folie des hommes"...

(c) Eric Dupin

Vanneste : la parole et les principes ne sont pas faits pour être respectés

Jean-Michel Apathie a reçu le président de l'Assemblée Nationale. L'UMP s'assoit sur ses propres principes. Ou est ce plutot qu'ils avaient menti ? Apathie en parle sur son blog :

Il m'a manqué un peu de temps, ce matin, avec Bernard Accoyer. Je voulais lui demander pourquoi l'UMP avait accordé son investiture à Christian Vanneste, député du Nord, candidat à la mairie de Tourcoing. En décembre 2004, à l'Assemblée nationale, Christian Vanneste avait déclaré que "le comportement homosexuel est inférieur au comportement hétérosexuel (…) il est une menace pour la survie de l'humanité." La justice française, ce qui n'est pas rien, a condamné l'auteur de ces propos pour homophobie. A l'époque, la direction de l'UMP avait envisagé l'exclusion du parlementaire dans ces rangs. Puis, en mai dernier, ce parti, s'il n'avait pas investi Christian Vanneste lors des élections législatives, ne présentait pas non plus de candidat contre lui. Cette fois, l'investiture lui est accordée. Que faut-il en déduire? Que les principes sont peu de choses dans la vie politique alors que la gestion du calendrier relève, elle, de boussole intellectuelle à un grand parti de gouvernement? Impossible dans ce beau pays de France, tellement prompt à rappeler à tout le monde et à chacun sur la planète notre apport considérable aux valeurs et aux droits qui civilisent les sociétés humaines.

Poisson illégal : supprimer les pavillons de complaisance

On consomme de plus en plus de poisson, les mers sont surexploitées - et surtout les systèmes de régulation (quotas, etc) sont inefficaces car les controles sont impossibles et les acteurs sans scrupules. Mais la demande augmente de plus en plus. Et 30% du poisson péché est rejeté à la mer, ça fait 30 millions de tonnes par an. Dans le Int'l Herald Tribune, par Elisabeth Rosentahl : l'intégral en suite et un extrait ici :

Fishstand "So much of fishing is motivated by consumer demand," said Rupert Howes, chief executive of the Marine Stewardship Council, a private global group. "The world wants more seafood at a time when 50 percent of stocks are exploited as hard as we can and 25 percent overexploited. There is a real disconnect."

In Europe, the imbalance between supply and demand has led to a thriving illegal trade. About 50 percent of the fish sold in the EU originates in developing nations, and much of it is laundered like contraband, caught and shipped illegally beyond the limits of government quotas or treaties. It is a well-financed, sophisticated smuggling operation, carried out by large-scale mechanized fishing fleets able to sweep up more fish than ever, chasing threatened stocks from ocean to ocean.

The European Commission estimates that more than €1.1 billion worth, or $1.6 billion, of illegal seafood enters Europe each year. The World Wildlife Fund says that up to half of fish sold in Europe is illegal."

Lire la suite "Poisson illégal : supprimer les pavillons de complaisance" »

Les médias complices du Président

« La majorité de la presse est craintive, voire complice du président de la République, estime Lara Marlowe, correspondante de l'Irish Times, une semaine après la conférence de presse de Nicolas Sarkozy. Les questions de déontologie et d’éthique relatives aux fonctions du président sont systématiquement éludées ». «Se promener dans l’avion de Vincent Bolloré n’est pas très avisé, juge Mark Hunter, journaliste d’investigation américain, maître de conférences à l'Institut Français de Presse (Université Paris II). Sarkozy dit qu’il ne cache rien, c’est vrai. Sauf le pourquoi de ses relations ! ». Katrin Bennold, correspondante de l'International Herald Tribune, estime qu’en France, les « questions gênantes » sont rarement posées.

(c) Contrejournal

Lire la suite "Les médias complices du Président" »

Le sarkoshow : sortir de l'hypnose, puis tomber ?